Du bruit au signal (et inversement)

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samedi 1 août 2009

Connaissez-vous Phineas Gage ?

Deux collectionneurs de photos, Jack et Beverly Wilgus, ont acquis il y a plus de trente ans un daguerréotype curieux.


Photograph by Jack and Beverly Wilgus - Meet Phineas Gage

Ils ont publié certaines images de leur collection sur Flickr sous le nom d'utilisateur photo_history, et en décembre 2007 ils ont téléchargé cette image sous le titre Daguerreotype - One Eyed Man with Harpoon. Ils pensaient alors que l'homme sur l'image tenait un morceau de harpon et ils ont sollicité l'aide des membres d'un groupe Flickr sur la chasse à la baleine. Mais laissons leur la parole :

Une discussion s'est engagée avec les membres du groupe sur la chasse à la baleine à propos de l'identification de l'objet que tient l'homme. Il a été établi qu'il était peu probable que ce soit harpon. Mais de quoi s'agissait-il ?
En décembre 2008, un message nous a fait prendre une nouvelle direction. Un membre de Flickr [Michael Spurlock] a posté le commentaire suivant : « peut-être avez-vous trouvé une photo de Phineas Gage ? Si tel est le cas, ce serait la seule photo connue ». Une recherche rapide sur Google nous a résumé l'étrange vie de Gage et nous avons alors été captivés. 

D'après Wikipedia en effet :

Phineas P. Gage (1823 – 21 mai 1860) est un contremaître des chemins de fer qui a subi un traumatisme crânien majeur auquel il a survécu ; il est devenu un cas d'école en neurologie. Le 13 septembre 1848, Phineas Gage travaille dans la périphérie de Cavendish dans le Vermont aux USA à la construction d'une ligne de chemin de fer. Suite à une explosion, une barre de fer lui traverse accidentellement le crâne, provoquant des dommages aux lobes frontaux de son cerveau .../... En 1994, les neuro-anatomistes Antonio et Hanna Damasio reconstituent par ordinateur ce qui doit être la trajectoire de la barre.
[sur l'histoire et le cas de Gage, lire The incredible case of Phineas Gage, by Mo]

Jack et Beverly Wilgus poursuivent :

Au cours des six derniers mois, nous avons lu, étudié, effectué des voyages et pris des contacts que nous n'avions jamais imaginé. Au Warren Anatomical Museum de la Harvard Medical School à Boston, nous avons vu un masque de Gage réalisé de son vivant, ainsi que son crâne et la barre de fer de son accident. Nous avons été à Cavendish dans le Vermont, le lieu du tragique accident de Gage. Nous avons correspondu et collaboré avec les plus grandes autorités mondiales sur le cas de Gage. Et plus surprenant encore, nous avons écrit un article qui sera publié dans le Journal of the History of the Neurosciences en août 2009. Nous avons également créé un site Web intitulé Meet Phineas Gage.

L'identification a été confirmée grâce au masque du Warren Anatomical Museum dont les traits et les cicatrices correspondent à l'image de l'homme sur le daguerréotype, ainsi que par les écritures qui figurent sur la barre de l'image et qui sont identiques à celles de la barre également conservée dans ce musée.

Selon les Wilgus, cette découverte représente la convergence de deux technologies à la mode chacune à leur époque : le daguerréotype au milieu du 19ème siècle et Internet au début du 21ème siècle. Elle montre l'un des intérêts de la publication sur une plate-forme de partage des images d'archives, des collections privées ou des institutions muséales. Comme le dit Kate Theimer sur le blog ArchivesNext : « toutes les images d'archives ainsi exposées n'obtiendront pas de résultats aussi spectaculaires que celle des Wilgus, mais si vous ne partagez pas vos images, vous avez peu de chance d'effectuer une identification comme celle-ci ».

Les identifications de personnages ou de localisations, pour être parfois spectaculaires, ne constituent qu'une partie de l'intérêt du crowdsourcing dans le domaine de l'image. Les différentes institutions qui participent au projet The Commons en fournissent d'autres exemples, ainsi l'identification d'un sanatorium en Norvège sur une photo datant de 1890, ou celle d'une scientifique britanique sur une photo du Smithsonian. Le groupe Flickr What's that picture? collecte d'ailleurs les photos anciennes dans l'espoir qu'un visiteur puisse aider à identifier un lieu, un personnage ou un objet. Et si vous avez ainsi résolu un "mystère" à l'aide de commentaires laissés par des utilisateurs de Flickr, vous pouvez poster votre photo sur le groupe The Astonishing Power of Flickr.

Pour aller au delà et effectuer un véritable travail de redocumentarisation, il est nécessaire de mettre en place un groupe solide d'intervenants réguliers et compétents sur un sujet précis. C'est ainsi que la bibliothèque de l'Université du Michigan va mettre en ligne son fonds de manuscrits islamiques et les présentera au public sur un wiki ou sur un blog pour aider à les identifier et à les cataloguer.

Références

mardi 26 mai 2009

Traiter (des photos) pour trouver [signalement]

Dans son blog Descripteurs, Sylvie Dalbin revient sur mon billet récent concernant l'indexation des photos en mettant l'accent sur "les difficultés à articuler méthodes et outillages techno-documentaires "manuels" et automatiques".

À lire ici.

samedi 9 mai 2009

Un million de visites sur PhotosNormandie

La galerie PhotosNormandie sur Flickr a été vue à ce jour un million de fois, ce qui correspond à plus de 1200 visites quotidiennes depuis le démarrage du projet le 29 janvier 2007.
Les 2763 photos de ce corpus en cours de redocumentarisation ont été vues plus de 2 600 000 fois.
Nous avons complété et corrigé au total 4486 descriptions. Ce nombre plus élevé que celui des photos s'explique parce que certaines légendes ont été corrigées plusieurs fois.

Un grand merci à Michel Le Querrec, co-responsable du projet, à tous les contributeurs passionnés et inlassables qui ont assuré son succès, aux amis et visiteurs qui nous ont manifesté leur intérêt tout au long de cette entreprise qui se poursuit toujours.
À paraître
  • Une interview pour le livre
    A Different Kind of Web: New Connections Between Archives and Our Users with Web 2.0, Edited by Kate Theimer, the Society of American Archivists
    Il s'agit d'un ensemble d'essais qui explorent la manière dont le Web 2.0 modifie les relations des services d'archives avec leurs utilisateurs. L'ouvrage comportera différentes études de cas sur les expériences menées par The Library of Congress, The National Archives (UK), The New York State Historical Association, plusieurs universités américaines, et ... PhotosNormandie.
Pour en savoir plus
PS : j'en profite pour signaler un beta test en cours sur Fotonauts et une nouvelle version du billet Variations sur un symbole américain

mardi 28 avril 2009

Quelques remarques sur l'indexation des photos

Les agences photos utilisent des techniques diverses pour permettre la recherche de leurs images. Quelques-unes se servent de thésaurus ou de vocabulaires contrôlés pour l'indexation, certaines possèdent des plans de classement hiérarchisés, d'autres encore qualifient les mots-clés avec des "types" ou mettent en œuvre des classements à facettes, la plupart, enfin, n'utilisent pas de techniques documentaires particulières. Au final, en sortie de ce processus de description et de classement, elles utilisent pratiquement toutes depuis de nombreuses années le standard IPTC/IIM dans leurs flux d'images légendées. Mais l'adoption de ce standard conduit parfois à des résultats surprenants lors de l'encapsulation des informations dans l'image. Une indexation efficace en interne, sur le système utilisé par l'agence, semble ensuite d'une qualité documentaire médiocre quand on observe la photo légendée en IPTC. Notre propos ici est d'analyser une partie des informations contenues dans les images diffusées par les agences professionnelles (les mots-clés en l'occurrence) sans référence aux techniques spécifiques que celles-ci utilisent en amont pour produire ces informations. Il s'agit d'examiner les métadonnées des images indépendamment des opérations documentaires et informatiques qui les génèrent. C'est en effet ce résultat d'un processus souvent complexe qui est utilisé dans la diffusion des images sur les portails et les offres packagées. La recherche sur ces flux d'images de plus en plus utilisés s'effectue alors sur des métadonnées que l'on peut considérer bien souvent comme une présentation simplifiée, voire édulcorée dans certains cas, du travail d'indexation effectué en agence. Ces outils importent en effet les données IPTC et - contrairement aux bases documentaires des agences - effectuent une recherche full text sur la plupart ou sur la totalité des données en question. Les informations qui apparaissent alors ne sont plus liées aux outils documentaires, elles ne bénéficient donc plus des dictionnaires de synonymes, des plans de classement et autres thésaurus. L'utilisation de métadonnées déconnectées des outils qui ont servi à les générer pose un certain nombre de questions que nous examinons ici.

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mardi 10 mars 2009

Flickr et PhotosNormandie

 

Voici l’article intitulé Flickr et PhotosNormandie: une entreprise collective de redocumentarisation paru dans la revue de l’ADBS Documentalistes Sciences de l’information à l’occasion du dossier autour du web 2.0 dans le numéro de Mars 2009.

Merci à l’ADBS de permettre la publication en intégralité de cet article.

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dimanche 21 décembre 2008

Un nouveau projet documentaire basé sur Flickr: accessCeramics

Après PhotosNormandie (janvier 2007) et l'initiative de la Library of Congress (janvier 2008) rejointe par plusieurs autres institutions publiques (The Commons), accessCeramics est un nouveau projet documentaire iconographique basé sur Flickr.

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