Du bruit au signal (et inversement)

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samedi 20 mars 2010

Séminaire Folksonomies et tagging

Sept ans après l'apparition du tagging et des folksonomies, emblème du web 2.0 à ses débuts, il reste à dresser un bilan des motifs et profits susceptibles d'expliquer l'émergence et le succès d'outils très tôt associés à la contestation du pouvoir supposé des autorités anciennes (incarnées, entre autre, par les bibliothécaires...). Et ce, au moment même où l'on voit apparaître de nouveaux acteurs en passe de réaliser une déstabilisation généralisée des arts du repérage. A travers ce premier séminaire, nous souhaitons amorcer un questionnement et un dialogue entre différentes communautés scientifiques pour créer des passerelles entre les approches : par delà la convergence des intérêts, existe-t-il des pistes communes d'exploration scientifique sur ces sujets ?

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vendredi 10 juillet 2009

Web 2.0 contre Web sémantique : un point de vue philosophique

par Luciano Floridi
traduit de l'anglais par Patrick Peccatte

article original :
Web 2.0 vs. the Semantic Web: A Philosophical Assessment [format PDF]

Résumé
Cet article développe certaines des conclusions publiées dans Floridi (2007) concernant les futurs développements des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC) et leur impact sur nos vies. Les deux principales thèses soutenues dans ce papier sont les suivantes : alors que la société de l'information se développe, la limite entre connecté et non connecté devient de plus en plus floue, et lorsqu'il n'existera plus de différence significative, nous allons progressivement nous re-conceptualiser nous-mêmes non pas comme des cyborgs, mais plutôt comme des inforgs, c'est-à-dire comme des organismes informationnels socialement connectés. Dans ce papier, j'examine le développement de ce qu'on appelle le Web sémantique et le Web 2.0 à partir de cette perspective et je tente de prévoir leur avenir. En ce qui concerne le Web sémantique, je soutiens qu'il s'agit d'un projet clair et bien défini, qui, en dépit de certains points de vue autorisés contraires, ne constitue pas une réalité prometteuse, et qu'il échouera probablement de la même manière que le projet de l'Intelligence Artificielle (IA) a échoué dans le passé. Concernant le Web 2.0, je soutiens que, même s'il est assez mal défini et qu'il lui manque une claire explication de sa nature et de sa portée, il a la capacité à devenir un succès (et en effet, c'est déjà un succès dans le cadre du nouveau phénomène du Cloud Computing), car il tire parti des seuls moteurs sémantiques disponibles à ce jour dans la nature, nous-mêmes. Je conclus en suggérant quelles autres modifications nous pourrions attendre dans le futur de notre environnement numérique.

Note. Je remercie le professeur Floridi pour m'avoir autorisé à traduire cet article. Pour le lecteur qui ne connaîtrait pas son travail, voici ce qu'en dit Wikipedia :
« Luciano Floridi (né en Rome en 1964) Laurea, Universita' di Roma La Sapienza, M.Phil. and Ph.D. Université de Warwick, M.A. Université d'Oxford) fellow, St Cross College, université d'Oxford, professeur associé de logique et d’épistémologie, département de philosophie, université de Bari. Floridi est un philosophe italien surtout connu comme l'un des plus importants théoriciens de la philosophie de l'information. »
Son blog est ici.

mardi 16 septembre 2008

Une plate-forme sociale pour la redocumentarisation d'un fonds iconographique (preprint)

Preprint de l'article qui sera publié pour la deuxième conférence
Document numérique et Société
les 17 et 18 novembre 2008 - CNAM-Paris - Amphi Abbé Grégoire.

Les usages de partage collaboratif du Web 2.0 ont permis l’apparition de nouveaux modes de traitement de l’information. Dans le domaine de la redocumentarisation de fonds photographiques, différentes pratiques sont apparues dont la plupart font appel aux usagers et témoignent du rapide renouvellement des acteurs documentaires ainsi que de la mutation des outils de traitement. L’article décrit, dans ce contexte de transformation profonde du champ documentaire, le retour d’expérience du projet PhotosNormandie.

Une plate-forme sociale pour la redocumentarisation d'un fonds iconographique (format PDF)

dimanche 30 mars 2008

Mise en scène de photos historiques - la "time machine" du Spiegel Online

Il y a quelque temps, le Spiegel Online a lancé un ambitieux portail collaboratif nommé einestages.de (un de ces jours) pour "collecter les témoignages de tout un chacun sur des sujets d'histoire contemporaine afin de constituer une mémoire nationale collective accessible à tous" (voir par ex. ici).
Le site a récemment mis en place une innovation afin de mieux naviguer dans un corpus de photos historiques, la Zeitmaschine (Time Machine) qui permet de naviguer visuellement dans une collection de photos.
Imaginez que vous voguiez dans une navette spatiale à travers l'univers: les années défilent, et des masses de photos relatives aux événements contemporains s'affichent. Techniquement, il s'agit d'une application Flash qui fonctionne plutôt bien si vous disposez d'un ordinateur rapide. Bien entendu, vous pouvez choisir la date ainsi que la vitesse de défilement des photos à l'aide de la molette de souris.
Quand on clique sur une photo intéressante, la Time Machine s'arrête et un bref descriptif de la photo sélectionnée s'affiche.
L'application est visuellement attrayante et ludique mais une photo ne suffit pas toujours pour plonger de manière significative l'utilisateur dans les événements contemporains.
L'intérêt de la Time Machine serait encore plus grand si quelques brèves informations étaient fournies sur un simple clic. Bien sûr, tout le monde veut maximiser la présentation des pages. Mais dans ce cas, je crains que l'application ne soit réduite à un gadget ludique et ne soit pas une source d'inspiration pour découvrir l'histoire contemporaine.

Adapté d'un billet de Martin Kohls sur Eye-blogger (the blog over visual journalism).

Commentaire:
Pour "mettre en scène" un corpus de photos historiques, il me semble qu'il serait intéressant d'associer ce genre de navigation temporelle à l'aide d'une échelle de temps et la géolocalisation des photos sur une carte (pour les images géolocalisables bien entendu). C'est l'idée que j'ai proposée à la fin de ma présentation Géolocalisation des images numériques fixes disponible sur Scribd, Slideshare et Issuu. Il s'agit de généraliser la géolocalisation en exploitant non plus seulement les coordonnées spatiales d'un lieu mais les coordonnées spatio-temporelles d'un événement. J'aimerai avoir le temps d'appliquer cette idée à la collection PhotosNormandie...

vendredi 7 mars 2008

La Une choisie par ordinateur / Digg bientôt racheté ?

The Economist commente aujourd'hui le résultat d'une étude de chercheurs de Hewlett-Packard en Californie, qui disent être parvenus à modéliser le choix de Une, qui jusqu'ici dépendait avant tout de l'instinct du rédacteur en chef. Le fameux "news judgment" cher aux anglo-saxons.
Nouveauté ou info qui plaît? Selon leur modèle, la meilleure stratégie est de savoir précisément à partir de quel moment, les gens sont fatigués d'une nouvelle information. Ils ont pour cela étudié le comportement de milliers de billets sur digg.com minute par minute. Des nouvelles qui ont ainsi dépassé 350 minutes (presque 6 heures) ne seront regardées que parce qu'elles sont populaires et non plus parce qu'elles sont fraîches.
A propos de Digg, selon TechCrunch, Google et Microsoft s'apprêteraient chacun à faire une offre de rachat autour de 200 à 220 mlns dls. Des entreprises de média seraient aussi sur les rangs.
.../...
Par Eric Scherer sur AFP-Mediawatch

vendredi 22 février 2008

Web 2.0 et propriété documentaire privée

Michel Roland a écrit récemment une série de billets à propos de la récupération difficile des métadonnées d'images sur Flickr: ici, , et encore .
Je considère pour ma part Flickr uniquement comme un outil permettant d'abord de publier et organiser des images et ensuite de les annoter collectivement. Un album moderne en quelque sorte. Un bel outil, certes, mais rien d'autre qu'un outil que l'on doit pouvoir abandonner pour un autre. Comme un album là encore qui deviendrait usé, fatigué et devrait être remplacé. Ce qui signifie, en poursuivant la comparaison, que les annotations de photos que je souhaite conserver ne doivent en aucun cas figurer sur l'album lui-même, mais au dos de mes photos. Seules les annotations que je juge sans intérêt (il y en a) peuvent être jetées avec l'album. Autrement dit, je dois gérer ce que je considère comme des métadonnées intéressantes en rédigeant une description éventuellement avec l'aide d'annotations éphémères; les métadonnées ainsi rédigées deviennent alors ma propriété documentaire privée, et elles doivent être totalement indépendantes de Flickr.
Pour prendre une autre analogie, Flickr est comparable à une banque à laquelle j'ai confié mes comptes; et bien sûr, j'attends de ce service que je puisse le quitter quand je veux pour un autre établissement en récupérant l'intégralité de mes comptes (images et légendes). C'est pourquoi je n'ai jamais bien compris les questions d'export de métadonnées ou de migration de photos légendées d'une plate-forme à une autre (Zooomr/Flickr par exemple dans ce billet). Une plate-forme qui ne me permet pas de disposer à tout moment de mes images accompagnées de leurs légendes n'a aucun intérêt. Poubelle.
C'est en ce sens que j'ai testé diverses plate-formes au moment du lancement de notre projet PhotosNormandie et que mon choix s'est porté sur Flickr.
Les raison précises sont les suivantes:
Flickr est capable de reconnaitre automatiquement certains champs des standards IPTC et XMP (les légendes "au dos" de mes images):
  • Object Name (n° 5) s'affiche en titre, en haut de l'image Flickr
  • Caption (n° 120) s'affiche comme description, sous l'image
  • Keywords (n° 25), City (n° 90), Province/State (n° 95), Country Name (n° 101) s'affichent comme tags à droite de l'image.
  • si l'image contient aussi des informations XMP, celles-ci sont utilisées en lieu et place des informations IPTC correspondantes, exceptées pour les mots-clés (n° 25) qui sont toujours affichés sur Flickr (i.e. les mots-clés XMP ne sont jamais utilisés par Flickr pour une raison qui m'est obscure).
Tout ceci est très simple en fait et nécessite juste de rédiger les légendes à l'aide d'un éditeur IPTC quelconque (il en existe des dizaines dont plusieurs gratuits), puis d'envoyer les images légendées sur Flickr. Pas un gramme d'API Flickr ou autre geekerie (pour le travail collaboratif sur PhotosNormandie j'ai effectivement un peu développé pour me simplifier le travail mais cela n'a rien à voir avec le principe d'appropriation des métadonnées que je viens d'évoquer).
Il existe d'autres solutions pour arriver à un résultat similaire comme celle de la Library of Congress qui maintient un lien entre ses photos sur Flickr et ses notices au format Marc (remarquez sur leurs photos le petit sous-menu “Afficher les tags de programmation” en dessous des tags habituels à droite de la photo).

Parmi les inconvénients de Flickr, qui éventuellement me feraient changer de plate-forme si je trouvais mieux, les plus importants sont:
  • le manque de stabilité des URL quand on remplace une image nouvellement légendée
  • l'"aplatissement" des champs distincts (mots-clés, ville, pays) dans le fourre-tout que sont les tags
  • la non récupération d'autres champs IPTC qu'il serait intéressant d'afficher
Je ne prétends pas que cet usage de Flickr soit représentatif; il correspond juste à ce que j'attends à peu près d'une telle plate-forme.
(Le titre de ce billet est un clin d'œil à celui de Jean-Michel Salaün, Web 2.0 : accumulation primitive du capital documentaire..?.)


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