Du bruit au signal (et inversement)

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vendredi 29 janvier 2010

Flickr et PhotosNormandie - article sur Officina della Storia

Un bref article sur Officina della Storia - rivista on-line di storia contemporanea, site italien dédié à l'histoire contemporaine et réalisé en coopération avec l'Università degli Studi della Tuscia à Viterbe :

Flickr et PhotosNormandie: un projet de redocumentarisation d'un fonds photographique historique

Cet article est en français.
(Merci à Anna Caprarelli)

dimanche 24 janvier 2010

Flickr n'accepte plus de nouvelles institutions dans le projet The Commons en 2010

Le communiqué :

Due to the current backlog of requests, we will not be accepting new registrations or requests to join the Commons through 2010.

We apologize for the inconvenience. However, please feel free to begin sharing your photos on Flickr. You don't need to be an official Commons partner to use our service, as long as you're abiding by the Yahoo! Terms of Service and the Flickr Community Guidelines.

Thanks for your interest in the Flickr Commons.

Best Regards,

The Flickr Commons team

Plus de précisions ici :

Before some rumors get going about this, I want to assure everyone that Flickr is still committed to the Commons and we do hope to bring as many institutions into the Commons as we can during 2010. But the registration process itself was contributing to our inability to work on the queue, so we had to turn off new registrations. We'd like to open it back up to new folks wishing to join sooner than 2011, but our priority is supporting our current institutions and bringing abroad those who have expressed interest in joining.

L'initiative regroupe actuellement 31 institutions.

Mis à jour : à lire sur Affordance, Embouteillages dans les nuages ?

mardi 12 janvier 2010

PhotosNormandie, 3 ans et 5 millions de visites !

Le projet PhotosNormandie boucle sa troisième année d'activité le 29 janvier prochain et franchit aujourd'hui le cap des 5 millions de visites.

Je remercie tous les participants qui nous ont communiqué des informations, des références, des pistes de recherche intéressantes - en particulier le « noyau dur » du projet : Michel Le Querrec, bien sûr, qui réalise un exceptionnel travail de collecte, synthèse et rédaction, ainsi que Claude, BS, François, et quelques autres passionnés. Le fait que les participants à PhotosNormandie ne se connaissent pas "in the real life", situation que je jugeais assez anecdotique il y a 3 ans, m'apparait désormais comme l'un des attraits essentiels de l'expérience : constituer sur Internet un véritable groupe de recherche ouvert dont la méthodologie et les résultats sont facilement vérifiables.

Merci aussi aux archivistes, documentalistes, historiens, bibliothécaires, visualistes, iconographes, photographes, qui se sont intéressés à ce projet, m'ont invité dans différents colloques ou séminaires pour en discuter et ont permis que je m'exprime dans leurs revues. Nouer des liens avec tous ces professionnels, sur des sujets très divers et souvent passionnants, constitue l'une des grandes satisfactions apportées par ce projet.

Je remercie enfin les musées, bibliothèques ou archives de divers échelons, établissements publics, associations, agences photographiques, médias, en bref les détenteurs français de documents ou d'images en relation avec notre sujet. L'attitude constante depuis trois années de ces institutions et organismes vis-à-vis d'Internet nous a paradoxalement stimulé.

Certains en effet sont totalement absents du Web, pour d'autres le rare matériel proposé en ligne est de médiocre qualité, pour la plupart les descriptions associées aux images sont très approximatives, la maintenance et le suivi des sites événementiels ne sont pas assurés, leurs fonds les plus intéressants sont consultables uniquement sur place et réservés aux chercheurs, le plus souvent il est interdit de réaliser des captures d'écrans, on facture au prix fort une numérisation en stipulant des conditions d'usage strictes et en évitant soigneusement de mettre à disposition le document digital sur Internet, la simple copie d'un fichier sur une clé USB est payante, personne ne répond aux mails, et bien sûr quand on parle « patrimoine » et « bien public » on vous répond « copyright » et « ventes ».

Sans cette politique de détention des documents, sans la désinvolture, la méfiance et la frilosité de ces établissements envers les possibilités ouvertes par Internet, nous n'aurions peut-être pas sollicité aussi fréquemment et avec un tel succès les connaissances encyclopédiques et les impressionnantes documentations accumulées par de nombreux passionnés, labouré encore et encore les recoins d'Internet pour dénicher de multiples références, images ou informations, bâti et détruit des hypothèses, laissé en friche des sujets ouverts pour les reprendre des mois plus tard. Enfin et surtout, nous n'aurions peut-être pas eu autant de plaisir à partager nos petites découvertes. Quand Google s'intéressera vraiment à la diffusion des collections amassées par ces échoppes et que celles-ci seront alors réduites à l'état de conserveries, nous les regretterons. Un tout petit peu.

Statistiques du compte Flickr PhotosNormandie le 12 janvier 2010

samedi 12 septembre 2009

Un mécanisme de contrôle balourd sur Flickr

Il arrive fréquemment que l'on souhaite mentionner une ressource Internet quelconque lorsque l'on rédige une description ou un commentaire sur Flickr. Il suffit alors de copier l'URL de la ressource dans la zone de formulaire et l'URL est transformé en lien cliquable lors de la validation. Ce mécanisme tout simple fonctionne la plupart du temps, sauf lorsque Flickr décide que trop de monde fait déjà référence au nom de domaine de l'URL en question. Si d'aventure vous souhaitez faire référence à la page http://pagesperso-orange.fr/turlututu par exemple, Flickr vous mettra en garde avec le message suivant :

Hé ! L'URL que vous avez essayé de publier a déjà été utilisé de manière abusive sur Flickr. Si c'est vous, arrêtez tout de suite ! Si ce n'était pas vous, désolé, mais vous ne pouvez pas publier de lien.

ou en anglais :

Hey! That URL you tried to post has been used for abuse on Flickr before. If that's you, stop it! If that's not you, sorry, but you can't post links to it.

Le blocage est bien effectué sur le nom de domaine et vous ne pourrez pas mentionner non plus la page http://tagada.pagesperso-orange.fr/turlututu.

Pas la peine d'essayer de ruser en écrivant la syntaxe HTML complète de type <a href...>, çà ne marche pas mieux.

On constate d'ailleurs qu'aucun contrôle n'est effectué sur la validité de l'URL (mais je trouve cela normal).

Ce blocage intervient pour éviter les références qui sont considérées comme des spams. Néanmoins, à ma connaissance, Flickr n'a jamais décrit l'algorithme invoqué pour ce blocage. Il semble que la barrière tente de bannir les références à des sites explicitement commerciaux. Les services de partages de photos ipernity, panoramio et picasaweb ne sont pas bloqués, mais fotolia l'est.

Les services de raccourcissement d'URL tinyurl.com, tinylink.com, bit.ly, is.gd, url.ie sont bloqués mais pas minilien.fr, myurl.in, link-ed.in, shorl.com. Il semble dans ce cas comme dans notre exemple pagesperso-orange.fr que seul le nombre de références présentes dans l'ensemble de Flickr soit pris en compte. Mais cette logique du nombre n'explique pas tout car les références aux contenus sur youtube ou dailymotion sont autorisés. Alors ?

Il est bien sûr toujours possible de saisir les URL bloqués sans mentionner le préfixe de protocole http://, mais dans ce cas, le lien n'est plus actif. Pour les projets documentaires où l'on doit très souvent citer d'autres ressources dans la légende d'une photo, ce mécanisme de contrôle est un peu pénible.

dimanche 6 septembre 2009

Les groupes sponsorisés sur Flickr

À la suite du billet McDonald’s launches social media beachhead on Flickr sur le blog de Thomas Hawk, j'ai recherché d'autres groupes sponsorisés sur Flickr.
À ma connaissance, il n'est pas possible actuellement d'identifier ces groupes spécifiques à l'aide de l'API de Flickr. J'ai donc bricolé un peu en recherchant la chaîne de caractères This group is sponsored by dans les descriptions des groupes.
Attention, il s'agit de groupes explicitement sponsorisés ; les marques sont présentes également par ailleurs sur Flickr (lire par exemple le billet Brands on Flickr par Geoff Northcott).

Liste par ordre alphabétique, en gras les entreprises sponsors en relation avec la photographie :

En existe-t-il d'autres ?
On constate que les entreprises en relation avec la photo sont minoritaires. Certaines apparaissent deux fois (Canon, Ford) et il existe des groupes propres à certains pays (Brésil notamment).
Enfin, ce sont toujours les mêmes groupes qui apparaissent dans la rubrique Groupes de nos sponsors sur la droite de la page groupes de Flickr. Cela correspond probablement aux entreprises qui paient le plus cher ce sponsoring...

(première version de ce billet le 28 mars 2009, dernière mise à jour le 30 mars 2010)

samedi 1 août 2009

Connaissez-vous Phineas Gage ?

Deux collectionneurs de photos, Jack et Beverly Wilgus, ont acquis il y a plus de trente ans un daguerréotype curieux.


Photograph by Jack and Beverly Wilgus - Meet Phineas Gage

Ils ont publié certaines images de leur collection sur Flickr sous le nom d'utilisateur photo_history, et en décembre 2007 ils ont téléchargé cette image sous le titre Daguerreotype - One Eyed Man with Harpoon. Ils pensaient alors que l'homme sur l'image tenait un morceau de harpon et ils ont sollicité l'aide des membres d'un groupe Flickr sur la chasse à la baleine. Mais laissons leur la parole :

Une discussion s'est engagée avec les membres du groupe sur la chasse à la baleine à propos de l'identification de l'objet que tient l'homme. Il a été établi qu'il était peu probable que ce soit harpon. Mais de quoi s'agissait-il ?
En décembre 2008, un message nous a fait prendre une nouvelle direction. Un membre de Flickr [Michael Spurlock] a posté le commentaire suivant : « peut-être avez-vous trouvé une photo de Phineas Gage ? Si tel est le cas, ce serait la seule photo connue ». Une recherche rapide sur Google nous a résumé l'étrange vie de Gage et nous avons alors été captivés. 

D'après Wikipedia en effet :

Phineas P. Gage (1823 – 21 mai 1860) est un contremaître des chemins de fer qui a subi un traumatisme crânien majeur auquel il a survécu ; il est devenu un cas d'école en neurologie. Le 13 septembre 1848, Phineas Gage travaille dans la périphérie de Cavendish dans le Vermont aux USA à la construction d'une ligne de chemin de fer. Suite à une explosion, une barre de fer lui traverse accidentellement le crâne, provoquant des dommages aux lobes frontaux de son cerveau .../... En 1994, les neuro-anatomistes Antonio et Hanna Damasio reconstituent par ordinateur ce qui doit être la trajectoire de la barre.
[sur l'histoire et le cas de Gage, lire The incredible case of Phineas Gage, by Mo]

Jack et Beverly Wilgus poursuivent :

Au cours des six derniers mois, nous avons lu, étudié, effectué des voyages et pris des contacts que nous n'avions jamais imaginé. Au Warren Anatomical Museum de la Harvard Medical School à Boston, nous avons vu un masque de Gage réalisé de son vivant, ainsi que son crâne et la barre de fer de son accident. Nous avons été à Cavendish dans le Vermont, le lieu du tragique accident de Gage. Nous avons correspondu et collaboré avec les plus grandes autorités mondiales sur le cas de Gage. Et plus surprenant encore, nous avons écrit un article qui sera publié dans le Journal of the History of the Neurosciences en août 2009. Nous avons également créé un site Web intitulé Meet Phineas Gage.

L'identification a été confirmée grâce au masque du Warren Anatomical Museum dont les traits et les cicatrices correspondent à l'image de l'homme sur le daguerréotype, ainsi que par les écritures qui figurent sur la barre de l'image et qui sont identiques à celles de la barre également conservée dans ce musée.

Selon les Wilgus, cette découverte représente la convergence de deux technologies à la mode chacune à leur époque : le daguerréotype au milieu du 19ème siècle et Internet au début du 21ème siècle. Elle montre l'un des intérêts de la publication sur une plate-forme de partage des images d'archives, des collections privées ou des institutions muséales. Comme le dit Kate Theimer sur le blog ArchivesNext : « toutes les images d'archives ainsi exposées n'obtiendront pas de résultats aussi spectaculaires que celle des Wilgus, mais si vous ne partagez pas vos images, vous avez peu de chance d'effectuer une identification comme celle-ci ».

Les identifications de personnages ou de localisations, pour être parfois spectaculaires, ne constituent qu'une partie de l'intérêt du crowdsourcing dans le domaine de l'image. Les différentes institutions qui participent au projet The Commons en fournissent d'autres exemples, ainsi l'identification d'un sanatorium en Norvège sur une photo datant de 1890, ou celle d'une scientifique britanique sur une photo du Smithsonian. Le groupe Flickr What's that picture? collecte d'ailleurs les photos anciennes dans l'espoir qu'un visiteur puisse aider à identifier un lieu, un personnage ou un objet. Et si vous avez ainsi résolu un "mystère" à l'aide de commentaires laissés par des utilisateurs de Flickr, vous pouvez poster votre photo sur le groupe The Astonishing Power of Flickr.

Pour aller au delà et effectuer un véritable travail de redocumentarisation, il est nécessaire de mettre en place un groupe solide d'intervenants réguliers et compétents sur un sujet précis. C'est ainsi que la bibliothèque de l'Université du Michigan va mettre en ligne son fonds de manuscrits islamiques et les présentera au public sur un wiki ou sur un blog pour aider à les identifier et à les cataloguer.

Références

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