Du bruit au signal (et inversement)

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dimanche 6 septembre 2009

Les groupes sponsorisés sur Flickr

À la suite du billet McDonald’s launches social media beachhead on Flickr sur le blog de Thomas Hawk, j'ai recherché d'autres groupes sponsorisés sur Flickr.
À ma connaissance, il n'est pas possible actuellement d'identifier ces groupes spécifiques à l'aide de l'API de Flickr. J'ai donc bricolé un peu en recherchant la chaîne de caractères This group is sponsored by dans les descriptions des groupes.
Attention, il s'agit de groupes explicitement sponsorisés ; les marques sont présentes également par ailleurs sur Flickr (lire par exemple le billet Brands on Flickr par Geoff Northcott).

Liste par ordre alphabétique, en gras les entreprises sponsors en relation avec la photographie :

En existe-t-il d'autres ?
On constate que les entreprises en relation avec la photo sont minoritaires. Certaines apparaissent deux fois (Canon, Ford) et il existe des groupes propres à certains pays (Brésil notamment).
Enfin, ce sont toujours les mêmes groupes qui apparaissent dans la rubrique Groupes de nos sponsors sur la droite de la page groupes de Flickr. Cela correspond probablement aux entreprises qui paient le plus cher ce sponsoring...

(première version de ce billet le 28 mars 2009, dernière mise à jour le 30 mars 2010)

mercredi 2 septembre 2009

Pour une diplomatique des images numériques

La diplomatique est une critique analytique et comparative qui a pour but, à l'origine, de mettre en évidence l'authenticité ou la fausseté des actes médiévaux. Elle a été créée au XVIIe siècle par le bénédictin Jean Mabillon. Cette discipline s'est ensuite élargie pour s'appliquer à tous les types de documents d'archives, officiels ou non, de toutes les époques : « la diplomatique est la science qui étudie la tradition, la forme et la genèse des actes écrits en vue de faire leur critique, de juger de leur sincérité, de déterminer la qualité de leur texte, d’apprécier leur valeur exacte en les replaçant dans la filière dont ils sont issus, de dégager de la gangue des formules tous les éléments susceptibles d’être exploités par l’historien, de les dater s’ils ne le sont pas et enfin de les éditer. Science autonome, elle est aussi et avant tout une des sciences auxiliaires de l'histoire » (Robert-Henri Bautier, article Diplomatique de l'Encyclopedia Universalis).
La diplomatique étend son champ d'étude dans les années quarante à tous les documents imprimés ou même dactylographiés (Georges Tessier, La diplomatique, p. 15).

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samedi 1 août 2009

Connaissez-vous Phineas Gage ?

Deux collectionneurs de photos, Jack et Beverly Wilgus, ont acquis il y a plus de trente ans un daguerréotype curieux.


Photograph by Jack and Beverly Wilgus - Meet Phineas Gage

Ils ont publié certaines images de leur collection sur Flickr sous le nom d'utilisateur photo_history, et en décembre 2007 ils ont téléchargé cette image sous le titre Daguerreotype - One Eyed Man with Harpoon. Ils pensaient alors que l'homme sur l'image tenait un morceau de harpon et ils ont sollicité l'aide des membres d'un groupe Flickr sur la chasse à la baleine. Mais laissons leur la parole :

Une discussion s'est engagée avec les membres du groupe sur la chasse à la baleine à propos de l'identification de l'objet que tient l'homme. Il a été établi qu'il était peu probable que ce soit harpon. Mais de quoi s'agissait-il ?
En décembre 2008, un message nous a fait prendre une nouvelle direction. Un membre de Flickr [Michael Spurlock] a posté le commentaire suivant : « peut-être avez-vous trouvé une photo de Phineas Gage ? Si tel est le cas, ce serait la seule photo connue ». Une recherche rapide sur Google nous a résumé l'étrange vie de Gage et nous avons alors été captivés. 

D'après Wikipedia en effet :

Phineas P. Gage (1823 – 21 mai 1860) est un contremaître des chemins de fer qui a subi un traumatisme crânien majeur auquel il a survécu ; il est devenu un cas d'école en neurologie. Le 13 septembre 1848, Phineas Gage travaille dans la périphérie de Cavendish dans le Vermont aux USA à la construction d'une ligne de chemin de fer. Suite à une explosion, une barre de fer lui traverse accidentellement le crâne, provoquant des dommages aux lobes frontaux de son cerveau .../... En 1994, les neuro-anatomistes Antonio et Hanna Damasio reconstituent par ordinateur ce qui doit être la trajectoire de la barre.
[sur l'histoire et le cas de Gage, lire The incredible case of Phineas Gage, by Mo]

Jack et Beverly Wilgus poursuivent :

Au cours des six derniers mois, nous avons lu, étudié, effectué des voyages et pris des contacts que nous n'avions jamais imaginé. Au Warren Anatomical Museum de la Harvard Medical School à Boston, nous avons vu un masque de Gage réalisé de son vivant, ainsi que son crâne et la barre de fer de son accident. Nous avons été à Cavendish dans le Vermont, le lieu du tragique accident de Gage. Nous avons correspondu et collaboré avec les plus grandes autorités mondiales sur le cas de Gage. Et plus surprenant encore, nous avons écrit un article qui sera publié dans le Journal of the History of the Neurosciences en août 2009. Nous avons également créé un site Web intitulé Meet Phineas Gage.

L'identification a été confirmée grâce au masque du Warren Anatomical Museum dont les traits et les cicatrices correspondent à l'image de l'homme sur le daguerréotype, ainsi que par les écritures qui figurent sur la barre de l'image et qui sont identiques à celles de la barre également conservée dans ce musée.

Selon les Wilgus, cette découverte représente la convergence de deux technologies à la mode chacune à leur époque : le daguerréotype au milieu du 19ème siècle et Internet au début du 21ème siècle. Elle montre l'un des intérêts de la publication sur une plate-forme de partage des images d'archives, des collections privées ou des institutions muséales. Comme le dit Kate Theimer sur le blog ArchivesNext : « toutes les images d'archives ainsi exposées n'obtiendront pas de résultats aussi spectaculaires que celle des Wilgus, mais si vous ne partagez pas vos images, vous avez peu de chance d'effectuer une identification comme celle-ci ».

Les identifications de personnages ou de localisations, pour être parfois spectaculaires, ne constituent qu'une partie de l'intérêt du crowdsourcing dans le domaine de l'image. Les différentes institutions qui participent au projet The Commons en fournissent d'autres exemples, ainsi l'identification d'un sanatorium en Norvège sur une photo datant de 1890, ou celle d'une scientifique britanique sur une photo du Smithsonian. Le groupe Flickr What's that picture? collecte d'ailleurs les photos anciennes dans l'espoir qu'un visiteur puisse aider à identifier un lieu, un personnage ou un objet. Et si vous avez ainsi résolu un "mystère" à l'aide de commentaires laissés par des utilisateurs de Flickr, vous pouvez poster votre photo sur le groupe The Astonishing Power of Flickr.

Pour aller au delà et effectuer un véritable travail de redocumentarisation, il est nécessaire de mettre en place un groupe solide d'intervenants réguliers et compétents sur un sujet précis. C'est ainsi que la bibliothèque de l'Université du Michigan va mettre en ligne son fonds de manuscrits islamiques et les présentera au public sur un wiki ou sur un blog pour aider à les identifier et à les cataloguer.

Références

vendredi 10 juillet 2009

Web 2.0 contre Web sémantique : un point de vue philosophique

par Luciano Floridi
traduit de l'anglais par Patrick Peccatte

article original :
Web 2.0 vs. the Semantic Web: A Philosophical Assessment [format PDF]

Résumé
Cet article développe certaines des conclusions publiées dans Floridi (2007) concernant les futurs développements des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC) et leur impact sur nos vies. Les deux principales thèses soutenues dans ce papier sont les suivantes : alors que la société de l'information se développe, la limite entre connecté et non connecté devient de plus en plus floue, et lorsqu'il n'existera plus de différence significative, nous allons progressivement nous re-conceptualiser nous-mêmes non pas comme des cyborgs, mais plutôt comme des inforgs, c'est-à-dire comme des organismes informationnels socialement connectés. Dans ce papier, j'examine le développement de ce qu'on appelle le Web sémantique et le Web 2.0 à partir de cette perspective et je tente de prévoir leur avenir. En ce qui concerne le Web sémantique, je soutiens qu'il s'agit d'un projet clair et bien défini, qui, en dépit de certains points de vue autorisés contraires, ne constitue pas une réalité prometteuse, et qu'il échouera probablement de la même manière que le projet de l'Intelligence Artificielle (IA) a échoué dans le passé. Concernant le Web 2.0, je soutiens que, même s'il est assez mal défini et qu'il lui manque une claire explication de sa nature et de sa portée, il a la capacité à devenir un succès (et en effet, c'est déjà un succès dans le cadre du nouveau phénomène du Cloud Computing), car il tire parti des seuls moteurs sémantiques disponibles à ce jour dans la nature, nous-mêmes. Je conclus en suggérant quelles autres modifications nous pourrions attendre dans le futur de notre environnement numérique.

Note. Je remercie le professeur Floridi pour m'avoir autorisé à traduire cet article. Pour le lecteur qui ne connaîtrait pas son travail, voici ce qu'en dit Wikipedia :
« Luciano Floridi (né en Rome en 1964) Laurea, Universita' di Roma La Sapienza, M.Phil. and Ph.D. Université de Warwick, M.A. Université d'Oxford) fellow, St Cross College, université d'Oxford, professeur associé de logique et d’épistémologie, département de philosophie, université de Bari. Floridi est un philosophe italien surtout connu comme l'un des plus importants théoriciens de la philosophie de l'information. »
Son blog est ici.

mardi 30 juin 2009

Sur la légitimité des contenus générés par les utilisateurs

[Première version le 30 juin 2009, dernière modification le 2 juillet 2009]

Le Web 2.0 est contributif. Les contenus générés par les utilisateurs constituent l'une de ses caractéristiques fondamentales. Dès leur apparition, on s'est interrogé sur la légitimité et la validité de ces contenus issus du crowdsourcing ainsi que sur l'absence d'autorités de référence lors de leur production. Ces interrogations qui prennent souvent la forme de critiques sont bien connues dans le cas des entreprises emblématiques comme Wikipedia - comparé aux encyclopédies classiques - ou encore pour le journalisme citoyen tel qu'il s'exprime notamment à travers les blogs politiques et d'actualités ou les services de micro-blogging comme Twitter. Ces questions méritent également d'être abordées en ce qui concerne des projets collaboratifs d'envergure et d'audience bien moindres mais dont les méthodes et les enjeux sont d'une toute autre nature. Ce billet décrit en détail le processus de validation qui s'est naturellement mis en place dans le cadre du projet PhotosNormandie et examine en conséquence la question de la légitimité des contenus générés par les utilisateurs dans ce travail.

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samedi 27 juin 2009

Les limites du crowdsourcing [signalement]

Larry Cebula, professeur d'histoire à l'Eastern Washington University, vient de publier un intéressant billet sur son blog :

"Lick This": LOC, Flickr, and the Limits of Crowd Sourcing

Il constate qu'une grande partie des contenus générés par les utilisateurs (notes, commentaires, tags, envois dans un groupe) sur une photographie proposée par la Library of Congress dans le cadre du projet The Commons sont sans intérêt. La plupart des notes par exemple sont anodines ou constituent des plaisanteries ; aucune n'apporte d'information historique. Le "bruit" est également très présent dans les commentaires et les tags ajoutés. Au final, Larry regrette que les rares informations valables générées par les utilisateurs soient noyées dans une masse de textes inintéressants et que l'extraction de ces pépites demande beaucoup de temps.

Dans la discussion à propos de ce billet, j'ai suggéré que ce phénomène est probablement lié à la popularité de la Library of Congress ; sur notre projet PhotosNormandie en tout cas, nous n'observons pas du tout ce genre de comportement de la part des utilisateurs et presque tous les commentaires proposés présentent un intérêt direct ou indirect avec les photos commentées.

Le billet est relayé sur le groupe Flickr Commons où la discussion qu'il provoque est très intéressante.

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