Du bruit au signal (et inversement)

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jeudi 17 décembre 2009

Revoir Capa

Résumé : Plusieurs collections de photos sur la Seconde Guerre Mondiale sont accessibles sur le Web. Elles permettent de comparer des images parfois mal décrites avec celles réalisées par Robert Capa. Ce travail de mise en relation est un exemple de redocumentarisation sur Internet de certains fonds iconographiques. Dans le cas illustré ici, il conduit à proposer deux identifications : une photo où figure le célèbre photographe et une autre probablement prise par lui.

Attention : Nouvelle version de ce billet sur Culture Visuelle (24 avril 2010) 

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mardi 8 décembre 2009

Histoire-géo, Terminale S, et Culture

Je soutiens le mouvement actuel contre le projet de réforme qui vise à rendre l'histoire-géographie optionnelle en terminale scientifique (*). Néanmoins, certains propos qui portent le débat sur le terrain de la culture sont proprement caricaturaux. Brigitte Imbert-Vier, professeur de philosophie, déclare ainsi : « Quand on aura fait des petits ingénieurs stupides et sans culture, on aura gagné. » (Public-Sénat le 7/12/2009, en 17:55). En un raccourci stupéfiant, les disciplines littéraires et les sciences humaines sont identifiées à « la culture » tandis que les disciplines scientifiques sont réduites à leur fonction utilitariste, tout juste bonnes à former des ingénieurs (un peu crétins comme il se doit) et éventuellement je suppose d'autres acteurs irréfléchis et dociles mais adaptés au monde technique moderne. Je pensais que l'on avait dépassé depuis longtemps le stade des stéréotypes en ce qui concerne ces deux continents, le "littéraire" et le "scientifique", irrémédiablement opposés, voire hostiles. Mais non. Le conditionnement pédagogique et culturel ressurgit. L’école et l’environnement social vous estampillent pour la vie avec l’une ou l’autre de ces deux catégories dont l'une forme le citoyen et ouvre à la culture tandis que l'autre "est utile" et point barre. Le temps passe et les clichés demeurent. Évidemment, cela n'est pas du goût de certains scientifiques comme David Madore qui vient de publier un billet intitulé Sauvons l'histoire-géo… mais pas la physique ? dans lequel il s'élève contre le mépris de nos intellectuels envers les matières scientifiques qui seraient utilitaristes et « feraient moins partie de la culture générale la plus élémentaire ». Cette annexion de la culture par une partie de nos intellectuels montre de fait qu'ils sont incapables de concevoir les sciences et techniques comme partie intégrante de celle-ci. Et c'est navrant. Nous sommes dans une époque où le développement des digital humanities impose de rompre totalement avec cette conception hémiplégique de l’enseignement, voir par exemple le compte-rendu du symposium L’histoire contemporaine à l’ère digitale

L'interdisciplinarité et le travail quotidien avec des ingénieurs et techniciens sont devenus indispensables dans un nombre de plus en plus importants de recherches en histoire et en géographie. Dénier aux sciences et techniques leur place au sein de la culture générale et mépriser les ingénieurs ne constituent certainement pas le meilleur argument pour convaincre les scientifiques de la nécessité d'un enseignement d'histoire-géo en Terminale S. Je préfère de beaucoup celui de Boris Cyrulnik : « Si l'on diminue notre aptitude à raisonner en termes historiques, on va diminuer notre aptitude à la morale, c'est-à-dire cette aptitude qui consiste à se décentrer de soi, de sa culture, pour se représenter le monde mental d'un autre. » (France 2 le 7/12/2009, en 1:10).

(*) Non à la suppression de l’histoire-géo en terminale S, par Jacques Sapir, sur culturevisuelle.org

lundi 30 novembre 2009

La (non) préservation des métadonnées des images sur les médias sociaux

Le groupe ControlledVocabulary publie un tableau utile qui récapitule comment les métadonnées Exif, IPTC et XMP sont (mal)traitées lors du chargement des images sur les plates-formes suivantes : Facebook, Twitter, Wordpress, Flickr, Windows Live Photo, Picasa Web Albums, Smugmug.

C'est ici.

Ajouté le 2/12/2009 : la méthodologie suivie est décrite ici.

vendredi 27 novembre 2009

L’information embarquée dans l’image numérique

J'ai effectué le 25 novembre dernier une présentation intitulée L’information embarquée dans l’image numérique lors de la conférence "Quel avenir pour nos images numériques ?". Cette très brève introduction (18 diapositives) aux métadonnées Exif (et GPS), IPTC/IIM et XMP des images numériques est disponible :

La conférence était organisée à la Maison Européenne de la Photographie à l'occasion de la sortie du livre de Daniel Hennemand Gérer ses photos numériques - Trier - Archiver - Partager qui vient de paraître aux Éditions Eyrolles.

vendredi 20 novembre 2009

Conférence : Quel avenir pour nos images numériques ?

À l’occasion de la sortie de l’ouvrage Gérer ses photos numériques : trier, archiver, partager, aux Éditions Eyrolles, Daniel Hennemand réunit un certain nombre d’acteurs du monde de la photographie pour qu’ils vous parlent de leur métier, chacun dans un domaine spécifique et essentiel à la vie des images. Ces spécialistes répondront à toutes vos questions concernant la création, la sauvegarde, la gestion et le partage des images numériques.

Liste des intervenants :

  • Jean-Luc Monterosso, directeur de la Maison Européenne de la Photographie :
    Ouverture de la conférence
  • Guillaume Cuvillier, ancien rédacteur en chef du magazine Le Photographe :
    La conscience de notre mémoire photographique existe-t-elle ?
  • Maxime Champion, photographe professionnel et journaliste spécialisé :
    Un processus simple pour sauver nos images, pourquoi ne pas s’y contraindre ?
  • Patrick Peccatte, informaticien et documentaliste :
    L’information embarquée dans l’image numérique
  • Philippe Pons, photographe professionnel, spécialisé dans la communication Corporate : L’apport du numérique dans le reportage en entreprise
  • Jean-François Camp, directeur des laboratoires photographiques Dupon :
    Une solution pour bien gérer ses images numériques : la rematérialisation ?
  • David Attal et Hervé Pain, fondateurs du laboratoire “Fine art” Fotodart :
    Le tirage numérique : une approche artisanale et traditionnelle conservée
  • Aziza Mercher, responsable marketing Europe de Carbonite, hébergeur :
    Un prestataire assure la sauvegarde de nos fichiers
  • Matthieu Stefani, directeur de Citizenside :
    Une agence photographique à l’écoute des témoins de l’actualité

Rendez-vous le mercredi 25 novembre, de 18 h à 20 h,
à l’auditorium de la Maison Européenne de la Photographie
82, rue François-Miron
75004 Paris
Tél : 01 44 78 75 00
Contact : agarzuel_at_mep-fr.org

Entrée libre dans la limite des places disponibles.

dimanche 15 novembre 2009

Une typologie du crowdsourcing appliqué aux images

Plusieurs applications actives sur le web proposent un espace d'expression sur les images et sollicitent la participation des utilisateurs. L'écriture de tags non contrôlés et de commentaires libres sur des photos constitue l'activité de crowdsourcing la plus connue. Mais il en existe d'autres. Ce billet propose une typologie de ces initiatives collaboratives diverses. J'ai retenu ici 6 catégories caractéristiques : constitution de corpus, relevé d'erreurs dans les descriptions, identification visuelle, indexation libre, indexation contrôlée, redocumentarisation. La suite de ce billet explique et illustre chacune de ces catégories.

Cette typologie ne constitue qu'une proposition et elle est évidemment provisoire. D'autres critères sont également importants et doivent être pris en compte. On peut ainsi distinguer les projets ouverts à tous et les projets qui sont destinés uniquement à un public de professionnels, les initiatives institutionnelles et celles qui sont portées par un collectif indépendant, l'utilisation d'une plate-forme grand public ou d'un développement spécifique, l'usage ou non de technologies Web 2.0, le recours ou non aux standards de métadonnées, etc. Les projets qui illustrent cette typologie sont ceux qui me semblent les plus représentatifs. Si vous en connaissez d'autres, n'hésitez pas à m'en informer en laissant un commentaire.

Une dernière précision : j'ai retenu pour chaque projet sa caractéristique principale; il est donc mentionné dans une seule catégorie. Mais si l'on entre dans le détail des projets, certains pourraient appartenir à plusieurs catégories. Ainsi, lors de la constitution d'un corpus de photos, celles-ci sont la plupart du temps également taggées ou décrites succinctement.

Je remercie Nathalie Casemajor Loustau, Jean-Pierre Dalbéra, Anne Reydellet, Claire Scopsi, Yannick Vernet, le collectif du blog Indicommons pour leurs informations.

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