Je considère pour ma part Flickr uniquement comme un outil permettant d'abord de publier et organiser des images et ensuite de les annoter collectivement. Un album moderne en quelque sorte. Un bel outil, certes, mais rien d'autre qu'un outil que l'on doit pouvoir abandonner pour un autre. Comme un album là encore qui deviendrait usé, fatigué et devrait être remplacé. Ce qui signifie, en poursuivant la comparaison, que les annotations de photos que je souhaite conserver ne doivent en aucun cas figurer sur l'album lui-même, mais au dos de mes photos. Seules les annotations que je juge sans intérêt (il y en a) peuvent être jetées avec l'album. Autrement dit, je dois gérer ce que je considère comme des métadonnées intéressantes en rédigeant une description éventuellement avec l'aide d'annotations éphémères; les métadonnées ainsi rédigées deviennent alors ma propriété documentaire privée, et elles doivent être totalement indépendantes de Flickr.
Pour prendre une autre analogie, Flickr est comparable à une banque à laquelle j'ai confié mes comptes; et bien sûr, j'attends de ce service que je puisse le quitter quand je veux pour un autre établissement en récupérant l'intégralité de mes comptes (images et légendes). C'est pourquoi je n'ai jamais bien compris les questions d'export de métadonnées ou de migration de photos légendées d'une plate-forme à une autre (Zooomr/Flickr par exemple dans ce billet). Une plate-forme qui ne me permet pas de disposer à tout moment de mes images accompagnées de leurs légendes n'a aucun intérêt. Poubelle.
C'est en ce sens que j'ai testé diverses plate-formes au moment du lancement de notre projet PhotosNormandie et que mon choix s'est porté sur Flickr.
Les raison précises sont les suivantes:
Flickr est capable de reconnaitre automatiquement certains champs des standards IPTC et XMP (les légendes "au dos" de mes images):
- Object Name (n° 5) s'affiche en titre, en haut de l'image Flickr
- Caption (n° 120) s'affiche comme description, sous l'image
- Keywords (n° 25), City (n° 90), Province/State (n° 95), Country Name (n° 101) s'affichent comme tags à droite de l'image.
- si l'image contient aussi des informations XMP, celles-ci sont utilisées en lieu et place des informations IPTC correspondantes, exceptées pour les mots-clés (n° 25) qui sont toujours affichés sur Flickr (i.e. les mots-clés XMP ne sont jamais utilisés par Flickr pour une raison qui m'est obscure).
Il existe d'autres solutions pour arriver à un résultat similaire comme celle de la Library of Congress qui maintient un lien entre ses photos sur Flickr et ses notices au format Marc (remarquez sur leurs photos le petit sous-menu “Afficher les tags de programmation” en dessous des tags habituels à droite de la photo).
Parmi les inconvénients de Flickr, qui éventuellement me feraient changer de plate-forme si je trouvais mieux, les plus importants sont:
- le manque de stabilité des URL quand on remplace une image nouvellement légendée
- l'"aplatissement" des champs distincts (mots-clés, ville, pays) dans le fourre-tout que sont les tags
- la non récupération d'autres champs IPTC qu'il serait intéressant d'afficher
(Le titre de ce billet est un clin d'œil à celui de Jean-Michel Salaün, Web 2.0 : accumulation primitive du capital documentaire..?.)